L’élevage à la sauce carbone !

L’élevage à la sauce carbone !

 

 

Avril 2014,


L’élevage à la sauce carbone !

 

Cela risque d’être indigeste !

Une très récente étude sur « Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre? » donne une bonne idée des différentes actions, qui, si rien ne change dans la gestion de l’Etat, seront promises à un nouveau développement réglementaire de l’élevage français.

 

Cette étude a le mérite de fixer l’état des connaissances scientifiques actuelles sur le potentiel de l’agriculture à réduire les émissions de GES (Gaz à effet de serre) d’ici 2030. Quelques chiffres clés retiennent l’attention : l’agriculture française émet +/- 100 millions de tonnes de CO2/an ce qui représente 20% du total des émissions de la France. Dans les émissions agricoles, 40% proviennent de la rumination et des déjections (le méthane), 50% sont issus du protoxyde d’azote N2O depuis le sol via la gestion de l’azote, des effluents et des techniques de travail du sol et 10% sont produits par l’utilisation des énergies fossiles (carburants, chauffage, …).

 

Après calculs, l’agriculture ne semble pas capable de diminuer de manière importante sa contribution à l’effet de serre. Seulement 32,3 Mt CO2 équivalent seraient susceptibles d’être évités, soit seulement 30% du total des émissions actuelles de la ferme France. L’objectif du Plan Climat, le facteur 4, semble hors d’atteinte ! Rappelons ici, à toute fin utile, que l’objectif du plan climat consiste à diviser par 4 les émissions des GES de la France en 2050 (par rapport à 1990) pour être en conformité avec le protocole de Kyoto. Compte tenu des 10 actions identifiées pour lutter contre les émissions de GES, l’agriculture française ne sera pas en mesure de satisfaire à ses engagements !

 


L’élevage à la sauce carbone ! - LVH, Pour une agriculture autonome et rentable



Si la réflexion globale autour de l’agriculture n’évolue pas, il est aisé de deviner ce qui attend l’élevage français. Déjà, dans le projet AFTERRE 2050, SOLAGRO conduit une réflexion où l’élevage se voit sacrifié sur l’autel des GES et de la bonne pensée écologique. L’élevage, responsable devant l’éternel, sera le grand perdant de la lutte contre les GES. Il est possible d’entrevoir ce que pourrait être l’élevage mangé à la sauce carbone.

 

Obtenir la mise en cohérence des différentes préconisations ne va pas être une chose aisée pour les protagonistes du projet. Il faudra, tout à la fois, réduire l’utilisation des intrants azotés, introduire des légumineuses, diminuer les apports azotés des rations, ne pas baisser les rendements, économiser l’énergie fossile en semant directement mais labourer tous les 5 ans (!!!), couvrir les fosses, installer des torchères et méthaniser les déjections … Les éleveurs ayant une longue expérience des réflexions posées au sein des institutions peuvent déjà se préparer aux futures mises aux normes et réglementations …

 

Mais il se pourrait bien que les bases des études et des expertises soient fausses, et, qu’avec le dossier GES, les résultats prévisibles des préconisations soient similaires à la directive nitrate : pas de résultats car l’agronomie est à nouveau la science oubliée dans le dossier !

 

Où coincent les raisonnements ?

Pour ceux qui s’intéressent aux GES de l’élevage, une 1ere question se pose vis-à-vis du bilan réel des bovins et des autres ruminants. Sont-ils bien faits ? A-t-on bien regardé la part respective des GES de l’animal dans le cycle de durabilité du végétal ? En effet, le petit schéma ci-après va l’expliquer, la vache est un transformateur de CO2 séquestré par la croissance des plantes. Il est normal que la vache pollue en ruminant le végétal, le CO2 rare n’étant naturellement présent qu’a hauteur de 0,04% dans l’air ambiant.

 

L’élevage à la sauce carbone ! - LVH, Pour une agriculture autonome et rentable

 

Cette question devra être éludée. Mais il est possible de répondre rapidement. Une vache laitière produisant 10000 Litres de lait consomme en moyenne 8 tMS de par an (fourrages + concentrés). Cela représente environ 3,2 t de carbone séquestré annuellement par le végétal soit un peu moins de 12 t de CO2/an. La pollution engagée par l’animal se situe environ à 1kg CO2e par litre de lait soit 10 t CO2e/an. Et ceci sans compter le retour au sol des déjections qui seront momentanément stockées dans le sol avec les résidus des pantes cultivées (+ 1 tC/ha/an avec les bonnes techniques de gestion). Ce simple regard sur la pollution laisse penser que l’on devrait se pencher autrement sur les bilans GES des ruminants. Le cycle biogénique de l’élevage est il correctement appréhendé ?

 

Il est aisé de deviner la 2e question : labourer tous les 5 ans un sol stable et vivant qui fait office de recycleur permanent, est ce bien prudent ? Cette action ne provoquera t’elle pas plus de dégâts que de gains N2O supposées ? Le point zéro des sols labourés est il bien réalisé ? Certaines études laissent entrevoir une très forte émission de CO2 et une perte d’au moins 1 tonne de carbone par ha et par an, sans compter le lessivage des nitrates, la perte de la biodiversité, la battance, les transferts phytos et l’érosion. Qui sait que l’activité biologique des sols supprime les émissions de N2O en réalisant la dénitrification des nitrates en présence de carbone ? Ces 2 paramètres, l’activité biologique des sols et les restitutions carbonées sont ils mesurés dans les expérimentations ?

 

La cohérence LVH

Une réduction des fertilisations azotées pourra s’envisager. Pourquoi pas, si la place des légumineuses est encouragée, la gestion des effluents améliorée, le semis direct sur sol vivant avec la double culture installé et la valorisation des rations à forte teneur en azote fourragère développée. Encore faudra t’il que l’ensemble des éleveurs embrayent le pas ce qui est loin d’être le cas. C’est l’axe de développement que LVH propose pour donner de la cohérence et de l’espoir aux éleveurs qui souhaitent s’engager vers une transition énergétique construite avec une agriculture véritable puits de carbone, capable de séquestrer et de substituer jusqu’à 400 Mt CO2/an sans jamais perdre en production d’alimentation.

 

LVH